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Société

Compte épargne : comment payer moins de frais ?

Accessibles, ouverts au plus grand nombre, les comptes épargnes sont, sans aucun doute, les enveloppes fiscales les plus plébiscitées par les épargnants pour leur facilité d’utilisation. Retraits et dépôts simples et libres, capitaux investis sécurisés et disponibles à tout moment, cadres réglementaire et législatif stricts de l’activité des établissements bancaires… Des atouts de poids qui rassurent.

Sur l’année 2020, marquée par la pandémie de COVID-19, les particuliers français ont épargné plus de 35 milliards deuros sur le Livret A et sur le LDDS. La collecte de 2019 multipliée par 2.

Préparation d’un projet, épargne de précaution : les motivations principales qui expliquent leur succès.

Et pourtant….

Cela peut sembler paradoxal … Mais placer de largent sur un compte épargne, support dinvestissement censé procurer des intérêts sur capital, peut coûter cher aux épargnants.

Tout d’abord l’univers de taux bas, imposé par les Banques Centrales, s’accompagne d’une chute des rendements. En 1991, le taux de rendement du livret A atteint 4,5 %.  Aujourd’hui, l’État français offre une rémunération à 0,5 %. Le livret A, un cas non isolé. La grande majorité des comptes épargne offre une performance négative nette dinflation, et ce, quel que soit l’intermédiaire financier.

Mais une autre menace, souvent sous-estimée, plane au-dessus de l’épargne des particuliers pourtant certains de préserver leur capital intact : les frais pratiqués par les établissements bancaires.

Transferts, succession, gestion, versements, clôture… D’innombrables frais qui s’additionnent au fil du temps pour impacter significativement la performance finale dun placement sur un compte épargne.

De plus, dans la jungle des enveloppes fiscales, choisir le bon placement ressemble bien souvent à un parcours du combattant. En France, on ne compte pas moins de 9 comptes épargnes, tous avec des règles différentes.

Focus sur les frais associés à chacun d’entre eux…

Les livrets réglementés : des frais peuvent exister…

Taux d’intérêt fixé par l’État, absence d’impôts et de prélèvements sociaux… Les produits d’épargne réglementés sont assurément les enveloppes fiscales à privilégier pour les épargnants en quête de “frais mini”.

Une quasi-absence de frais due à l’encadrement étatique. L’épargne et le pouvoir dachat, des sujets majeurs et sensibles au sein de lopinion, notamment en périodes électorales.

Livret A, Livret d’Épargne Populaire, Livret Jeune, Livret de Développement Durable, Épargne logement… Contrairement à un compte courant, une banque ne peut pas sanctionner un client pour un compte inactif.

Le seul point commun de ces enveloppes fiscales…

Le livret A.

Aucun frais de fonctionnement (ouverture, fermeture, virements, prélèvements), aucune fiscalité. Un épargnant n’a pas à déclarer les intérêts d’un Livret A qui échappent à toute imposition. Cependant ces intérêts restent les moins élevés du marché, ce n’est clairement pas un livret à étudier pour augmenter son patrimoine. Pour cela il faut chercher des solutions alternatives, cet article en fournit tout comme les sites spécialisés comme Deuz.

De plus, des frais de succession existent. Les bénéficiaires doivent s’en acquitter. Leur montant varie selon les établissements bancaires, la réglementation en vigueur et sur la base de la part nette de chaque héritier.

Les conjoints (y compris sous le statut d’un pacs) en sont totalement exonérés.

Les frères et les sœurs sous certaines conditions :

  • être âgés de cinquante ans ou présenter une infirmité ;
  • vivre seuls (célibataires, divorcé..) ;
  • être domiciliés fiscalement chez le défunt les 5 dernières années précédant son décès

Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS).

Un taux d’intérêt à 0,5 %, un plafond à 12 000 €, les capitaux investis dans les LDDS participent aux développements de projets environnementaux. Réglementée, cette épargne fiscale fonctionne comme le Livret A, à une seule exception : aucun frais ne sapplique au LDDS.

Une solution d’épargne sans risque et défiscalisée qui complète parfaitement un Livret A  au plafond bien supérieur (22 950 €).

Le Livret Jeune.

Défiscalisée, cette enveloppe fiscale destinée aux résidents français âgés de 12 à 25 ans (plafonnée à 1 600 € avec un taux déterminé par la banque qui ne peut être inférieur à 0,5 %), ne supporte aucun frais. 

Seule obligation : un dépôt minimal de 10 € à chaque versement et un solde qui ne peut être inférieur à 10 €.

Le Livret d’Épargne Populaire.

Dédié aux foyers modestes (revenus annuels inférieurs à 19 236 €), le Livret d’Épargne Populaire propose un taux d’intérêt à 1 % et impose un plafond de 7 700 €.

Seules obligations :

  • un versement initial de 30 € exempt de frais ;
  • des dépôts et des retraits supérieurs ou égaux à 10 €.

Un taux d’intérêt intéressant comparé aux précédents livrets, mais avec une différence sérieuse : des frais de fonctionnement existent.

Leur montant varie selon les établissements bancaires. Il ne faut donc pas hésiter à comparer les offres avant de s’engager.

À noter : aucun frais de clôture.

Le Compte Épargne Logement.

Réalisation de travaux, achat d’un terrain, acquisition d’une résidence principale… Le Compte Épargne Logement s’adresse aux épargnants qui souhaitent profiter d’un crédit immobilier à un taux avantageux (ce qui n’est pas forcément le cas en ce moment, les prêts immobiliers classiques affichant des taux historiquement bas) après une phase d’épargne (au minimum 18 mois et plafonnée à 15 300 €).

Cette proposition de crédit ne peut excéder 23 000 € sur une durée de 2 à 15 ans.

Un placement sans risque (le taux d’intérêt extrêmement faible à 0,25 %), sans limite de détention et au capital disponible.

Seules obligations :

  • un versement initial minimum de 300 € (un solde inférieur à ce montant clôture le compte) ;
  • des versements minimums de 75 € (mais aucun rythme n’est imposé).

Ouverture, clôture, retraits… des opérations sans frais. Par contre, transférer son CEL vers un autre établissement bancaire et effectuer des virements SEPA (transferts dargent depuis un autre pays de lUE) sont facturés. 

Le Plan Épargne Logement.

Une phase d’épargne, une phase d’emprunt. Un fonctionnement analogue au Compte Épargne Logement avec des freins similaires.

À partir de la 4ᵉ année d’épargne, un particulier peut demander à souscrire à un crédit pour un investissement sur une résidence principale ou locatif. Malheureusement, le taux d’emprunt proposé n’est plus préférentiel et l’État n’abonde plus. (La prime de 1 500 € n’est offerte que pour les PEL antérieurs à 2018.) De plus, les nouveaux plans supportent une fiscalité particulièrement désavantageuse avec la flat tax de 30 %. (Avant 2018, il n’y avait aucune imposition avant la 12e année. Seuls les prélèvements sociaux étaient appliqués).

Ouverture, fonctionnement et clôture… Aucune de ces opérations ne peut être facturée par les banques. Seul un transfert vers un autre établissement saccompagne de frais bancaires (entre 50 et 100 €). Les droits à prêt acquis sont bien entendus conservés.

À noter : les épargnants qui ont souscrit un PEL avant 2018 pourront choisir leur régime d’imposition après la 12e année (soit la flat tax, soit le barème progressif d’impôts sur le revenu).

Plan d’épargne retraite populaire (Perp).

Banques, organismes de prévoyance (compagnies d’assurance, mutuelles…) … Depuis le 1er octobre 2020, ces établissements ne peuvent plus le commercialiser.

Depuis le 1er octobre 2019, les particuliers qui souhaitent économiser pour profiter d’une rente viagère ou d’un capital au moment de leur retraite doivent s’orienter vers le PER ou une solution d’investissement alternative de type investissement en bourse.

Mais, rien ne les y oblige et ces comptes épargne demeurent actifs. Les particuliers doivent donc se montrer particulièrement vigilants pour protéger ce capital, fruit du travail de toute une vie.

Sur les plans retraite, de nombreux frais grignotent” la performance :

  • frais de réversions ;

Si le souscripteur décède ou devient invalide, une rente peut être proposée au conjoint ou aux enfants pour leur éducation (jusqu’au 25e anniversaire). Son montant varie selon les contrats et les établissements bancaires. Montant élevé, frais élevés.

  • frais de versements en moyenne de 3 % ;
  • prélèvements sociaux (prélèvements de solidarité, CSG, CRDS) à 17,2 % chaque année ;
  • frais darbitrages qui avoisinent 1 % en cas de changements de supports d

Des coûts non négligeables. Pour les diminuer, l’épargnant doit comparer minutieusement les offres et éventuellement sélectionner un contrat en ligne à frais réduits.

Les livrets d’épargne bancaires.

Taux hyperattractifs, absence de plafond, un fonctionnement équivalent à un Livret A, cumulables avec d’autres livrets… ces comptes épargnes non réglementés, gérés et proposés par les établissements bancaires, ont à priori tout pour plaire. Le capital, complètement disponible, ne supporte aucun risque, mais…

Contrairement aux livrets précités, ils n’échappent pas à la fiscalité. Bien souvent, les taux affichés sont bruts. Il faut donc déduire l’impôt sur le revenu (la flat tax à 30 % ou le barême progressif) et les prélèvements sociaux (17,2 %). Une fiscalité qui ressemble étrangement à celle des comptes titres qui permettent eux d’acheter ou vendre des actions à découvert selon un principe de prêt.

Une fiscalité lourde donc qui ôte tout intérêt à cette enveloppe fiscale au taux d’intérêt “boosté” uniquement sur une courte période (quelques mois après ouverture).

Seul avantage : généralement aucun frais douverture et de gestion.

Les comptes à terme.

Sans aucun doute, le compte épargne le moins encadré par l’État. L’épargnant et son établissement bancaire signent un contrat qui stipule les règles de fonctionnement (durée, taux d’intérêt…).

Un fonctionnement assez simple. Bloquée, l’épargne, placée sur un compte à terme et pendant une durée déterminée contractuellement, donne droit à un taux d’intérêt avantageux.

Mais attention… Le taux intérêt ne doit pas être la seule préoccupation des épargnants. La fiscalité pèse sur les intérêts (impôts sur le revenu et prélèvements sociaux).

Aucun frais douverture, de gestion et de clôture. Par contre, des pénalités importantes en cas de retraits anticipés (baisse du taux rémunérateur…).

Il convient de comparer les offres et de placer des capitaux inutiles dans un avenir proche.

Les frais : se renseigner avant de signer.

D’innombrables comptes épargne pour d’innombrables “règles du jeu.” Avant de signer tout contrat, les épargnants doivent :

  • s’assurer que l’enveloppe fiscale sélectionnée correspond bien à leur horizon de placement, à leur situation personnelle et à leurs objectifs ;
  • consulter impérativement les grilles tarifaires des intermédiaires financiers ;
  • comparer les offres et faire jouer la concurrence (pour les livrets non réglementés, le Plan d’Épargne Populaire et le Compte à Terme).

S’informer, anticiper, sans aucun doute le meilleur état d’esprit pour éviter d’être pris au dépourvu et pour gérer sereinement ses finances personnelles.

Ces frais ne doivent en aucun cas détourner les particuliers de ces supports d’épargne. Mieux vaut y placer ses liquidités que de les laisser “vivre” sur un compte courant.

2 risques :

  • des prélèvements réguliers pour des achats non essentiels ;
  • l’application de frais si le compte est inactif.

Les enjeux sont de taille. Les comptes épargne sont particulièrement adaptés pour accueillir l’épargne de précaution, de l’argent mobilisable rapidement en cas d’imprévu. Une gestion saine de ce capital (qui représente entre 6 et 12 mois de salaires) est donc incontournable.

Comme tout placement financier, un investissement sur un compte épargne n’est pas anodin et doit être mûrement réfléchi.

Des outils existent et facilitent la prise de décision. Bien sûr, il y a les brochures commerciales que les intermédiaires financiers doivent transmettre. Mais pas que…

L’AMF (l’Autorité des Marchés Financiers), autorité chargée d’informer et de protéger les épargnants français, propose, sur son site internet, un simulateur de frais.

Un excellent moyen de piloter son épargne et de gérer une partie de son patrimoine en toute quiétude…

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