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Asma Mhalla : politologue spécialiste de la géopolitique de la tech et des enjeux technopolitiques

Asma Mhalla est une politologue française reconnue pour son expertise sur la géopolitique des grandes entreprises technologiques, appelées Big Tech, et leurs interactions avec les États. Elle analyse comment ces acteurs hybrides redéfinissent les rapports de pouvoir entre nations, affectent la souveraineté technologique et posent des défis majeurs à la démocratie dans le contexte du XXIe siècle.

Dans cet article, nous explorons son parcours, ses travaux sur les relations complexes entre les États et les géants de la tech, les impacts des technologies sur la politique et la société, ainsi que ses réflexions sur la régulation, l’usage des écrans, et l’interdisciplinarité nécessaire pour comprendre les enjeux contemporains.

Qui est Asma Mhalla et quelles sont ses domaines d’expertise ?

Asma Mhalla est politologue, essayiste et chercheuse spécialisée dans la géopolitique des technologies numériques et de l’intelligence artificielle. Elle est membre du Laboratoire d’Anthropologie Politique (LAP) de l’EHESS et enseigne dans plusieurs institutions prestigieuses telles que Sciences Po, Polytechnique et l’Université de Columbia.

Ses travaux portent sur la gouvernance des réseaux sociaux, la souveraineté technologique, la régulation des Big Tech, ainsi que sur les enjeux géopolitiques et démocratiques liés à la techno-surveillance et aux technologies d’hypervitesse. Elle combine pluridisciplinarité et réflexion critique dans ses analyses.

Quels sont les effets des Big Tech sur la souveraineté et la démocratie selon Asma Mhalla ?

Asma Mhalla identifie les entreprises de la Big Tech comme des acteurs hybrides qui modifient profondément la morphologie des États, en intervenant dans les affaires militaires, politiques et économiques à l’échelle mondiale. Elles sont à la fois facteurs de puissance et d’instabilité, inscrites dans une relation ambiguë avec les États qui oscillent entre régulation et collaboration.

Elle considère que ces technologies transforment les individus en acteurs de conflits, faisant de « chacun d’entre nous » un soldat, car les technologies de l’hypervitesse brouillent les frontières entre civil et militaire, public et privé, réel et virtuel. Cette imbrication participe à un nouvel ordre mondial complexe qui remet en question les modèles démocratiques.

Quelle est la nature de la relation entre les Big Tech et les États ?

La relation entre Big Tech et États est caractérisée par une codépendance ambivalente et parfois toxique. Les États alternent entre régulations visant à limiter les excès des plateformes (notamment en matière de modération) et recours à leurs technologies pour sécuriser ou renforcer leur pouvoir, notamment sur les questions de surveillance et de projection de puissance.

Selon Asma Mhalla, cette ambivalence nécessite une compréhension fine pour permettre une gouvernance efficace et adaptée. Il ne s’agit pas de voir les Big Tech comme des entités indépendantes ni comme la fin des États, mais comme des acteurs redéfinissant les équilibres du pouvoir mondial.

Pourquoi Asma Mhalla insiste-t-elle sur l’interdisciplinarité dans l’étude des technologies ?

Pour appréhender la complexité des enjeux liés à la technologie aujourd’hui, Asma Mhalla prône une approche pluridisciplinaire. Elle combine anthropologie, sociologie politique, philosophie, histoire, ainsi que des connaissances techniques, économiques et psychologiques pour comprendre les impacts de l’intelligence artificielle et des systèmes numériques.

Cette transversalité permet de dépasser les limites des expertises cloisonnées et d’avoir une vision globale indispensable à la compréhension des phénomènes systémiques actuels, en particulier autour des défis géopolitiques et démocratiques posés par la technologie.

Quelle est sa position sur le débat autour de l’usage des écrans et de l’intelligence artificielle ?

Asma Mhalla considère que le simple débat sur la durée d’utilisation des écrans est stérile sans prendre en compte la nature des usages. Elle souligne que « les écrans, ça ne veut rien dire, tout dépend de l’usage » : on peut passer des heures à s’instruire ou à consommer de la désinformation. Le problème est donc dans l’usage et les intentions humaines derrière les outils.

Elle insiste aussi sur le rôle essentiel des « fact-checkers » pour vérifier les sources d’information, car la vérité varie selon la provenance des données. Concernant les algorithmes, elle rappelle qu’ils sont eux aussi modelés par des usages et des intérêts humains, et qu’il faut être vigilant vis-à-vis de leur influence.

Quelles sont ses critiques vis-à-vis du traitement médiatique de la politique ?

Asma Mhalla critique la focalisation sur les événements quotidiens et les controverses, notamment autour de figures comme Donald Trump, ce qui empêche selon elle de saisir l’ensemble du système en transformation. Elle met en garde contre le risque d’« blanchir » certains discours en leur accordant une exposition disproportionnée, ce qui banalise des propos toxiques ou polarisants.

Elle souligne que la compréhension du paysage politique demande de mettre à distance le flux d’informations et d’adopter une réflexion plus globale pour appréhender les enjeux de fond plutôt que de s’enliser dans le commentaire à court terme.

Quels sont les ouvrages majeurs d’Asma Mhalla et leurs apports ?

Parmi ses ouvrages, Technopolitique. Comment la technologie fait de nous des soldats (2024) analyse comment les technologies d’hypervitesse transforment individus et sociétés en acteurs politiques-militaires dans un nouvel ordre mondial. Ce livre explore les rapports entre puissance technologique et démocratie.

Son ouvrage Cyberpunk : le nouveau système totalitaire (2025) évoque la montée d’un régime techno-totalitaire où la convergence entre pouvoir politique et technologies cognitives menace les libertés démocratiques, en analysant notamment le rôle de figures politiques et leaders technologiques.

Comment Asma Mhalla conçoit-elle l’avenir face à ces défis technopolitiques ?

Elle invite à repenser le XXIe siècle en abandonnant les anciens paradigmes et en acceptant la « surprésence » des Big Tech comme une nouvelle réalité. L’enjeu est d’élaborer des réponses politiques solides basées sur une gouvernance rigoureuse, la régulation, et l’éducation numérique.

Elle plaide pour une éducation critique aux usages des technologies, pour protéger les démocraties et la souveraineté tout en exploitant les bénéfices des innovations, soulignant que l’outil n’est pas en soi problématique, mais que son usage dépend des acteurs humains qui le contrôlent.

FAQ

Qui est Asma Mhalla ?

Asma Mhalla est une politologue française spécialisée en géopolitique de la technologie et des Big Tech, membre du Laboratoire d’Anthropologie Politique de l’EHESS et enseignante dans plusieurs grandes écoles.

Quels sont les domaines d’expertise d’Asma Mhalla ?

Elle travaille sur la gouvernance des réseaux sociaux, la souveraineté technologique, la réglementation des Big Tech, la techno-surveillance et les enjeux géopolitiques liés à l’intelligence artificielle.

Que signifie que les Big Tech sont des entités hybrides ?

Les Big Tech mêlent des fonctions civiles, militaires, économiques et politiques, modifiant les rapports de pouvoir entre États tout en posant des défis démocratiques et de souveraineté.

Quelle est la nature de la relation entre Big Tech et États d’après Asma Mhalla ?

Cette relation est ambivalente et codépendante, entre régulation, collaboration et conflits d’intérêts, caractérisée par un va-et-vient permanent entre coopération et contrôle.

Pourquoi Asma Mhalla insiste-t-elle sur l’interdisciplinarité ?

Pour comprendre les impacts complexes des technologies, elle considère qu’il faut croiser les approches politiques, anthropologiques, philosophiques, historiques, techniques et économiques.

Quelle est la position d’Asma Mhalla sur les écrans et leur usage ?

Elle estime que le débat sur les écrans doit prendre en compte l’usage et le contenu, car les écrans n’ont pas d’effet intrinsèque ; c’est l’usage qui importe.

Comment Asma Mhalla analyse-t-elle le traitement médiatique de personnalités comme Donald Trump ?

Elle critique le fait que l’exposition médiatique importante banalise ses propos et empêche une analyse critique profonde et globale du système politique.

Quels livres majeurs a publié Asma Mhalla ?

Elle a publié notamment « Technopolitique. Comment la technologie fait de nous des soldats » (2024) et « Cyberpunk : le nouveau système totalitaire » (2025).

Que décrit Asma Mhalla dans « Technopolitique » ?

Le livre explique comment les technologies d’hypervitesse transforment les individus en acteurs politiques et affectent profondément la démocratie et l’ordre mondial.

Quelle est la solution proposée face aux défis des Big Tech selon Asma Mhalla ?

Elle propose d’accepter leur présence, d’instaurer une régulation adaptée, et de développer une éducation critique aux technologies pour protéger la démocratie et la souveraineté.

Quel est le risque lié à la trop grande exposition médiatique de leaders politiques ?

Elle estime que cela crée un effet de banalisation et de normalisation, masquant les enjeux et complexités du système politique en place.

Pourquoi Asma Mhalla privilégie-t-elle l’écrit pour traiter des questions complexes ?

Parce que les réseaux sociaux ne permettent pas un développement approfondi et nuancé des idées, l’écrit offre un espace réfléchi et pérenne.

Comment Asma Mhalla décrit-elle notre époque ?

Elle parle d’une ère de symbiose et d’hybridation où les frontières entre réel/virtuel, public/privé, civil/militaire sont brouillées par les technologies.

Qu’entend-elle par la notion que chacun devient un soldat ?

Les technologies d’hypervitesse transforment tous les individus en acteurs potentiels de conflits, qu’ils en soient conscients ou non, modifiant leur rapport au pouvoir et à la société.

Quel rôle jouent les fact-checkers selon Asma Mhalla ?

Ils sont essentiels pour vérifier les informations et permettre une éducation critique face aux sources d’informations variées et souvent contradictoires.

Quelle est l’attitude d’Asma Mhalla face aux algorithmes ?

Elle rappelle que les algorithmes sont également modelés par des usages humains et qu’ils s’éduquent selon les interactions et contrôles auxquels ils sont soumis.

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