Asma Mhalla est une politologue française reconnue pour son analyse des rapports de force entre les États, les Big Tech et les technologies numériques. Si tu t’intéresses à la souveraineté technologique, à l’intelligence artificielle, à la démocratie à l’ère des plateformes ou à la façon dont la tech redessine la politique, son travail est particulièrement utile pour comprendre ce qui se joue vraiment.
Dans la pratique, elle ne se contente pas de commenter l’actualité numérique : elle explique comment les géants technologiques influencent les équilibres géopolitiques, modifient les formes de pouvoir et transforment notre rapport à l’information, aux écrans et aux institutions. Ce que cela change pour toi, c’est une lecture beaucoup plus concrète des enjeux : qui contrôle quoi, avec quels effets, et pourquoi cela compte pour ta vie quotidienne autant que pour la démocratie.
L’essentiel a retenir : Asma Mhalla analyse la tech comme un enjeu de pouvoir, pas seulement comme un outil.
- Elle étudie les Big Tech comme des acteurs géopolitiques hybrides.
- Elle met en avant les enjeux de souveraineté technologique et de démocratie.
- Elle insiste sur l’importance de l’usage, pas seulement des écrans.
- Elle défend une approche interdisciplinaire pour comprendre la tech.
- Elle alerte sur la codépendance entre États et plateformes.
- Ses livres éclairent la manière dont la technologie reconfigure le pouvoir.
Qui est Asma Mhalla et quelles sont ses domaines d’expertise ?
Asma Mhalla est politologue, essayiste et chercheuse. Elle travaille sur la géopolitique des technologies numériques, l’intelligence artificielle, la souveraineté technologique et la régulation des grandes plateformes. Elle est membre du Laboratoire d’Anthropologie Politique (LAP) de l’EHESS et enseigne dans plusieurs institutions prestigieuses, dont Sciences Po, Polytechnique et l’Université de Columbia.
Concrètement, son expertise se situe à la croisée de la science politique, de la philosophie, de l’anthropologie et des enjeux techniques. C’est ce qui rend ses analyses intéressantes : elle ne regarde pas seulement l’outil, mais aussi les rapports de force, les usages, les intérêts économiques et les effets sur les institutions. Si tu cherches à comprendre la tech au-delà du discours marketing, c’est précisément ce type de lecture qu’il faut.
Ses sujets de prédilection couvrent notamment :
- la gouvernance des réseaux sociaux ;
- la souveraineté numérique ;
- la techno-surveillance ;
- la régulation des Big Tech ;
- les effets politiques de l’intelligence artificielle ;
- les technologies d’hypervitesse et leurs conséquences démocratiques.
Quels sont les effets des Big Tech sur la souveraineté et la démocratie selon Asma Mhalla ?
Pour Asma Mhalla, les Big Tech ne sont pas de simples entreprises. Ce sont des acteurs hybrides, capables d’agir à la fois sur le terrain économique, politique, militaire et informationnel. Dans les faits, cela veut dire qu’elles ne se contentent pas de fournir des services : elles structurent des usages, influencent des comportements et participent à la définition des rapports de pouvoir entre États.
Ce point est central si tu veux comprendre la souveraineté technologique. Lorsqu’un État dépend d’infrastructures, de logiciels, de données ou de services contrôlés par des entreprises privées étrangères, sa marge de manœuvre se réduit. Il peut encore réguler, mais il doit aussi composer avec des acteurs dont la puissance dépasse parfois celle de certains États.
Asma Mhalla insiste aussi sur un effet plus profond : les technologies d’hypervitesse brouillent les frontières entre civil et militaire, public et privé, réel et virtuel. Concrètement, cela signifie que chacun peut devenir, volontairement ou non, un relais d’influence, un vecteur de propagation ou une cible dans des conflits informationnels. C’est ce qui fait dire qu’à l’ère numérique, la démocratie ne se fragilise pas seulement par les institutions, mais aussi par les usages techniques du quotidien.
Quelle est la nature de la relation entre les Big Tech et les États ?
La relation entre Big Tech et États est, selon elle, une relation de codépendance ambivalente. D’un côté, les États cherchent à réguler les plateformes, à encadrer la modération, à limiter certaines dérives ou à protéger leurs citoyens. De l’autre, ils utilisent aussi ces technologies pour surveiller, sécuriser, projeter leur puissance ou accélérer certaines capacités stratégiques.
Dans la pratique, cette ambiguïté crée une situation difficile à gouverner. Les États veulent reprendre la main, mais ils dépendent souvent des mêmes infrastructures qu’ils critiquent. C’est ce que beaucoup d’observateurs constatent sur le terrain : plus la technologie devient centrale, plus la frontière entre intérêt public et intérêt privé devient floue.
Ce que cela implique pour la régulation, c’est qu’il ne suffit pas de “faire une loi” pour rééquilibrer le rapport de force. Il faut aussi comprendre les chaînes de dépendance, les modèles économiques, les effets de réseau et les logiques de captation de données. Sans cette vision globale, la régulation reste souvent partielle ou trop lente face à des acteurs très rapides.
Pourquoi Asma Mhalla insiste-t-elle sur l’interdisciplinarité dans l’étude des technologies ?
Asma Mhalla défend une approche interdisciplinaire parce que les enjeux technologiques ne se laissent pas enfermer dans une seule discipline. Si tu veux comprendre l’intelligence artificielle, les réseaux sociaux ou la surveillance numérique, il faut croiser plusieurs grilles de lecture : politique, histoire, philosophie, sociologie, économie, anthropologie et connaissances techniques.
Concrètement, cette méthode permet d’éviter deux pièges fréquents. Le premier, c’est de réduire la technologie à une simple innovation neutre. Le second, c’est de la diaboliser sans analyser les mécanismes réels. Or, dans la majorité des cas, la vérité est plus complexe : une technologie peut être utile, performante et en même temps produire des effets politiques majeurs selon la manière dont elle est conçue, distribuée et utilisée.
Dans son approche, l’interdisciplinarité n’est pas un luxe académique. C’est une condition pour comprendre des phénomènes systémiques. Si tu rencontres ce type de sujet dans ton quotidien professionnel ou personnel, cette méthode te permet d’aller au-delà du discours simpliste et de poser les bonnes questions : qui décide, avec quelles données, dans quel cadre, et avec quelles conséquences ?
Quelle est sa position sur le débat autour de l’usage des écrans et de l’intelligence artificielle ?
Asma Mhalla refuse le débat trop simpliste sur le “temps d’écran” pris isolément. Pour elle, un écran ne veut rien dire en soi : tout dépend de l’usage, du contenu, du contexte et de l’intention. Tu peux passer du temps devant un écran pour apprendre, travailler, t’informer ou créer ; tu peux aussi l’utiliser pour consommer de la désinformation ou rester enfermé dans des boucles algorithmiques toxiques.
Ce que cela change pour toi, c’est le bon angle de lecture : il faut passer de la quantité à la qualité d’usage. Dans la pratique, la vraie question n’est pas seulement “combien de temps ?”, mais “pour quoi faire ?”, “avec quelles sources ?”, “dans quel environnement algorithmique ?”. C’est beaucoup plus utile pour penser l’éducation numérique, la parentalité, la formation ou l’usage professionnel.
Elle insiste également sur le rôle des fact-checkers et sur la nécessité de vérifier l’origine des informations. Les algorithmes ne produisent pas une vérité neutre : ils organisent des hiérarchies de visibilité. Autrement dit, ce que tu vois n’est pas forcément ce qui est vrai, mais ce qui a été sélectionné, amplifié ou recommandé. C’est précisément pour cela qu’une lecture critique reste indispensable.
Quelles sont ses critiques vis-à-vis du traitement médiatique de la politique ?
Asma Mhalla critique une tendance médiatique très répandue : la survalorisation de l’actualité immédiate, des polémiques et des figures clivantes. Selon elle, ce traitement empêche souvent de voir le système dans son ensemble. On commente l’événement du jour, mais on perd de vue les transformations de fond.
Elle alerte aussi sur un risque très concret : donner trop d’exposition à certains discours peut contribuer à les banaliser. En pratique, cela peut “blanchir” des propos toxiques ou extrêmes en les installant durablement dans le débat public. Ce n’est pas seulement une question de ton médiatique, c’est aussi une question d’effets politiques.
Si tu suis l’actualité, son approche invite à prendre de la distance. Au lieu de réagir uniquement au flux, il faut regarder les structures : qui parle, qui amplifie, qui bénéficie de cette mise en scène, et quel cadre idéologique se construit à force de répétition. C’est une lecture plus exigeante, mais aussi beaucoup plus éclairante.
Quels sont les ouvrages majeurs d’Asma Mhalla et leurs apports ?
Ses ouvrages prolongent ses analyses sur la puissance technologique et ses effets politiques. Technopolitique. Comment la technologie fait de nous des soldats (2024) explore la manière dont les technologies d’hypervitesse transforment les individus et les sociétés en acteurs pris dans des logiques de conflit, d’influence et de puissance.
Dans les faits, ce livre aide à comprendre pourquoi la technologie n’est plus seulement un outil d’efficacité, mais aussi un terrain stratégique. Il éclaire les liens entre innovation, guerre informationnelle, souveraineté et démocratie. Si tu veux comprendre la logique du XXIe siècle, c’est une lecture qui donne des repères solides.
Son ouvrage Cyberpunk : le nouveau système totalitaire (2025) pousse plus loin la réflexion sur la convergence entre pouvoir politique et technologies cognitives. L’enjeu, ici, est de montrer comment un environnement techno-politique peut fragiliser les libertés si les contre-pouvoirs, la régulation et l’éducation critique ne suivent pas.
Comment Asma Mhalla conçoit-elle l’avenir face à ces défis technopolitiques ?
Asma Mhalla ne propose pas une vision fataliste. Elle invite plutôt à regarder lucidement la nouvelle réalité technologique et à construire des réponses politiques adaptées. Pour elle, il faut accepter la “surprésence” des Big Tech, mais sans renoncer à les encadrer. Autrement dit, il ne s’agit ni de nier leur puissance, ni de s’y résigner.
Concrètement, cela implique trois leviers complémentaires : une régulation plus rigoureuse, une gouvernance publique plus solide et une éducation numérique critique. C’est ce triptyque qui peut réellement protéger la souveraineté et la démocratie. Sans cela, on risque de laisser les usages se développer à grande vitesse sans cadre clair ni capacité de contrôle.
Elle rappelle aussi un point essentiel : l’outil n’est pas problématique en soi. Ce sont les acteurs humains, les intérêts qu’ils poursuivent et les règles qu’ils imposent qui orientent ses effets. Si tu hésites encore sur la manière d’aborder ces sujets, c’est probablement la meilleure grille de lecture : comprendre la technologie comme un système d’usages, de pouvoir et de responsabilité.
Les erreurs fréquentes quand on parle d’Asma Mhalla et des Big Tech
La première erreur consiste à réduire son travail à une critique anti-tech. Ce n’est pas son propos. Elle ne dit pas que la technologie est mauvaise ; elle montre qu’elle est politique, donc qu’elle doit être pensée, encadrée et discutée sérieusement.
La deuxième erreur, très courante, est de croire que les Big Tech seraient extérieures aux États. En réalité, leur relation est imbriquée, parfois coopérative, parfois conflictuelle. Si tu ignores cette codépendance, tu passes à côté du vrai sujet.
La troisième erreur est de parler des écrans comme d’un bloc uniforme. En pratique, un même outil peut produire des effets opposés selon l’usage, le contenu et le contexte. C’est pour cela qu’une approche nuancée est plus utile qu’un discours alarmiste ou simplificateur.
FAQ
Qui est Asma Mhalla ?
Asma Mhalla est une politologue française spécialisée en géopolitique de la technologie et des Big Tech. Elle est membre du Laboratoire d’Anthropologie Politique de l’EHESS et enseigne dans plusieurs grandes écoles.
Quels sont les domaines d’expertise d’Asma Mhalla ?
Elle travaille sur la gouvernance des réseaux sociaux, la souveraineté technologique, la réglementation des Big Tech, la techno-surveillance et les enjeux géopolitiques liés à l’intelligence artificielle. Son approche croise aussi les sciences sociales et les enjeux techniques.
Que signifie que les Big Tech sont des entités hybrides ?
Les Big Tech mêlent des fonctions civiles, militaires, économiques et politiques. Elles modifient ainsi les rapports de pouvoir entre États tout en posant des défis démocratiques et de souveraineté.
Quelle est la nature de la relation entre Big Tech et États d’après Asma Mhalla ?
Cette relation est ambivalente et codépendante. Elle se construit entre régulation, collaboration et conflits d’intérêts, avec un va-et-vient permanent entre coopération et contrôle.
Pourquoi Asma Mhalla insiste-t-elle sur l’interdisciplinarité ?
Pour comprendre les impacts complexes des technologies, elle considère qu’il faut croiser les approches politiques, anthropologiques, philosophiques, historiques, techniques et économiques. Sans cela, on risque de réduire le sujet à une vision trop partielle.
Quelle est la position d’Asma Mhalla sur les écrans et leur usage ?
Elle estime que le débat sur les écrans doit prendre en compte l’usage et le contenu, car les écrans n’ont pas d’effet intrinsèque. C’est l’usage qui importe, ainsi que les intentions et les environnements algorithmiques.
Comment Asma Mhalla analyse-t-elle le traitement médiatique de personnalités comme Donald Trump ?
Elle critique le fait que l’exposition médiatique importante banalise ses propos et empêche une analyse critique profonde et globale du système politique. Selon elle, il faut prendre de la distance avec le flux pour comprendre les enjeux de fond.
Quels livres majeurs a publié Asma Mhalla ?
Elle a publié notamment « Technopolitique. Comment la technologie fait de nous des soldats » (2024) et « Cyberpunk : le nouveau système totalitaire » (2025). Ces ouvrages prolongent sa réflexion sur la puissance technologique et ses effets politiques.
Que décrit Asma Mhalla dans « Technopolitique » ?
Le livre explique comment les technologies d’hypervitesse transforment les individus en acteurs politiques et affectent profondément la démocratie et l’ordre mondial. Il met aussi en lumière les liens entre puissance technologique et conflits contemporains.
Quelle est la solution proposée face aux défis des Big Tech selon Asma Mhalla ?
Elle propose d’accepter leur présence, d’instaurer une régulation adaptée, et de développer une éducation critique aux technologies pour protéger la démocratie et la souveraineté. Dans la pratique, ces trois leviers doivent avancer ensemble.
Quel est le risque lié à la trop grande exposition médiatique de leaders politiques ?
Elle estime que cela crée un effet de banalisation et de normalisation, masquant les enjeux et complexités du système politique en place. À force de répétition, le commentaire peut remplacer l’analyse.
Pourquoi Asma Mhalla privilégie-t-elle l’écrit pour traiter des questions complexes ?
Parce que les réseaux sociaux ne permettent pas un développement approfondi et nuancé des idées, l’écrit offre un espace réfléchi et pérenne. Cela permet de construire une argumentation plus solide et plus utile.
Comment Asma Mhalla décrit-elle notre époque ?
Elle parle d’une ère de symbiose et d’hybridation où les frontières entre réel/virtuel, public/privé, civil/militaire sont brouillées par les technologies. Cette lecture aide à comprendre pourquoi les repères traditionnels ne suffisent plus.
Qu’entend-elle par la notion que chacun devient un soldat ?
Les technologies d’hypervitesse transforment tous les individus en acteurs potentiels de conflits, qu’ils en soient conscients ou non. Cela modifie leur rapport au pouvoir, à l’information et à la société.
Quel rôle jouent les fact-checkers selon Asma Mhalla ?
Ils sont essentiels pour vérifier les informations et permettre une éducation critique face aux sources d’informations variées et souvent contradictoires. Dans la pratique, ils aident à limiter la désinformation et les manipulations.
Quelle est l’attitude d’Asma Mhalla face aux algorithmes ?
Elle rappelle que les algorithmes sont également modelés par des usages humains et qu’ils s’éduquent selon les interactions et contrôles auxquels ils sont soumis. Autrement dit, ils ne sont jamais totalement neutres.
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